29/07/2011

LIVING ON THE EDGE OF TIME - YUKSEK


Ah, Yuksek ! L'encre aura coulée au sujet de ce garçon là, sur Take A Drag Or Two ou ailleurs. Si Pierre-Alexandre Busson, de son vrai nom, a su faire autant parler de lui c'est qu'il officie parmi cette bande de touche-à-tout que l'on adore : après un premier album d'électro-pop tubesque (Away from the sea, 2009) le bonhomme a produit le second album de Birdy Nam Nam, mixé le magnifique Birds & Drums des Bewitched Hands, collaboré amicalement avec Brodinsky, Alb ou encore The Magician et bien sûr remixé pour notre plus grand plaisir des pointures telles que Lagy Gaga, The Prodigy, Gorillaz ou Phoenix. Pendant les deux années qui se sont écoulées entre ses deux albums, Yuksek était un personnage qui inspirait le respect, mais pas forcement la sympathie : il était aisé de lui coller l'étiquette du producteur branchouille imbu de sa personne. Mais lorsque sort Living on the edge of time en juin dernier, cette image de Yuksek tombe en poussières dans la beauté du single On A Train, d'abord paru sous le pseudonyme de Mega Mystery Band avant que l'on décèle notre bonhomme derrière celui-ci. Ce petit coup de pub malicieux représente bien l'album dans son entièreté puisqu'il se découvre un peu comme on ouvre une pochette surprise : on plonge une oreille dedans et c'est la surprise voire le sursaut à chaque titre. Le changement est radical : Yuksek développe ses textes et les chante, brouille les frontières entre ses influences et se penche finalement plus du côté de la pop tout en gardant le côté catchy de l'électro qui fait les tubes de cet album (On A Train, The Edge, Always on th run). Le grand progrès reste que les vides entre les tubes sont mieux comblés que sur Away from the sea car l'on peut ici se plonger dans des titres un peu moins entêtants mais toujours ravissants (Miracle, Off the wall, To see you smile). Sur Living on the edge of time, Yuksek producteur s'efface au profit du Yuksek artiste et il nous est tout de suite plus sympathique.

Jessyka

LE CLIP DE LA SEMAINE #9


L'adage populaire dit qu'il faut toujours donner une seconde chance aux personnes. Chez TADOT, on convertit l'expression aux groupes en donnant leur chance aux australiens de The Grates qui ont su la saisir avec un nouvel opus du tonnerre dénommé Secret Rituals. Leur premier album, Gravity won't get you high, sorti en 2006 nous avait amené à classer The Grates parmi cette foule de groupes tentant de raviver la flamme rock avec un minimum d'accords et d'originalité, sans avoir même l'air d'essayer d'attirer notre oreille dans quelque chose de plus profond. De même, leurs clips manquaient d'ambition et d'accroche (Science is Golden, Burn Bridges). Mais voilà qu'ils reviennent cinq ans plus tard alors qu'on les avait presque oubliés, amputés d'un membre mais décidément plus mûrs.
Le clip du single Turn Me On illustre parfaitement l'évolution du groupe qui tout en gardant son style brut a su acquérir une profondeur qui leur manquait cinq ans auparavant. Le cadre du clip est rudimentaire, les images en noir et blanc renforcent l'impression d'une musique brute voire brutale. Mais très vite le voile est levé sur les aspirations du groupe qui insère à cette esthétique élémentaire une part surréaliste avec les visages qui disparaissent, des lancés de lait qui semblent incontrôlés et des flammes sorties de nulle part. Mais tout l'intérêt du clip est dans le jeu autour de la gravité (qui n'est pas sans rappeler le titre du premier album Gravity won't get you high) : la chanteuse qui garde l'équilibre au plafond, le lait projeté dans une direction qui défie les lois de l'attraction et divers éléments qui parsèment le clip. Ces images surréalistes qui restent tout de même fragiles semblent faire écho au titre Turn Me On puisque le clip semble dire quelque chose sur la séduction, sur l'attraction par le biais de la métaphore de la gravité.

Jessyka

TAKE A DRAG OR TWO W / BINARY


Sur la blogosphère, on s'entiche vite d'un groupe mystérieux : moins d'infos on trouve, plus on veut en savoir. C'est ce qui s'est produit avec les jeunes hommes de Binary, un tout jeune four-piece londonien au website rudimentaire. Ainsi, l'on découvre leur musique et seulement leur musique avec le clip du single Turquoise, en téléchargement libre sur le site, et l'on se laisse très vite séduire par le paradoxe Binary : une musique glaciale mais sensible comme les appels désespérés d'un cœur brisé qui apprend à s'endurcir (I gave you my heart so easily, voilà la plainte universelle qui résonne au détour du refrain). Notre instinct de bloggeur nous amène donc à vouloir en savoir plus c'est pourquoi nous leur avons posé quelques questions. Le groupe ne cessera de cultiver le mystère autour d'eux en refusant de répondre aux questions les plus basiques (Comment vous êtes vous rencontrés ? Quels sont vos projets pour les prochains mois ?) mais se dévoile sans broncher à travers d'autres questions. Enjoy !

Quelles sont vos principales influences ?
Je pense que l'on est surtout influencés par l'ambiance et l'espace. En fait l'on essaye de prendre des pop songs conventionnelles et de les arranger dans un environnement sonore étrange. On en est venus là grâce aux groupes de noise pop et de shoegaze mais plutôt que de noyer nos mélodies dans des distorsions et des réverbérations on essaye de créer une atmosphère plus complexe et électronique.

Quels sont les groupes que vous écoutez en ce moment ?
Il y a un groupe que l'on arrête pas d'écouter c'est How to destroy angels, c'est le nouveau projet de Trent Reznors (Nine Inch Nails). Ils offrent une palette de sons incroyable et les chansons sont vraiment complexes et hypnotisantes ! Skying, le nouvel album des Horrors est vraiment incroyable aussi.

Et vos albums préférés de tout les temps ?
Aphex Twin - Selected Ambient Works
The Beach Boys - Pet Sounds
The Jesus & Mary Chain - Psychocandy
Slowdive - Souvlaki
The Passions - In Love With A German Film Star

Que pensez-vous du téléchargement illégal ?
Le téléchargement est l'avenir de la musique, gratuit ou non. Toutefois, il a le désavantage de déprécier la valeur de la musique comme marchandise. L'idée même d'une personne qui achète un album et l'écoute, de bout en bout, est morte avec le téléchargement. Aussi malheureux que cela soit, cela ne nous inquiète pas vraiment. Cela signifie simplement que vous devons nous adapter en tant qu'artistes, en faisait plus de concerts par exemple.

A quand remonte la dernière fois que vous vous êtes dit "Je ne referai plus jamais ça!" ?
Probablement lorsque l'on a passé beaucoup trop de temps à s'inquiéter par rapport à une toute petite partie de la partie électronique d'une chanson alors que l'on aurait mieux fait de se concentrer sur l'écriture des paroles de  celle-ci.

Notre webzine s'appelle Take A Drag Or Two, si vous pouviez tirer une taffe ou deux sur la cigarette de quelqu'un de connu, ce serait qui ?
David Lynch, cet homme est un génie ! Sa capacité a créer des mondes si particuliers et décalés dans chacun de ses films est purement déconcertante. Partager une cigarette avec lui serait un honneur !



Jessyka

LE CLIP DE LA SEMAINE #8


Warpaint a su créer l'événement deux années durant avec la sortie en 2009 de l'Ep Exquisite Corpse qui suffit à nous accrocher à la formation féminine (déjà considérée comme telle malgré la présence d'un batteur) puis en 2010 avec The Fool qui divisa la critique entre charmés et nostalgiques de l'Ep. Chez TADOT, l'on se tenait du côté des charmés notamment si l'on pense à leurs clips qui depuis l'Ep avec Elephant où la lumière nous aveuglait à mesure que le chant d'Emily Kokal se faisait victorieux jusqu'à l'album avec Undertow nous font fondre un peu plus pour les Warpaint. Mais c'était sans compter sur ce qu'elles avaient à nous offrir en 2011 avec la sortie du clip de Warpaint qui n'en finit pas de nous émerveillement.
Le clip s'ouvre sur des images en noir et blanc d'un personnage très sombre accompagné dans sa course par des notes terribles qui rappellent Cocteau Twins. Au contact de l'eau, un monde teinté d'onirisme et de couleurs pastels s'ouvre à nos yeux ; merveilleusement crée par Ted Newsome qui avec ce décalage noir et blanc/couleur se trouve au plus près de l'univers de ces quatre jeunes filles. La vidéo montre comment chaque membre du groupe passe du noir et blanc à la couleur, de la terre à l'eau et se retrouvent toutes quatre à piquer une tête. Lorsque celles-ci prennent le thé en mer, l'on ne peut s'empêcher de penser à la Petite Sirène qui aurait rencontré Alice au Pays des Merveilles car l'on a là une parfaite illustration du rêve conjuguant la singularité de l'adulte et le souvenir mélancolique de l'enfance. Les images sont à la hauteur du dépaysement qu'officie toujours sur nous un titre de Warpaint.

Jessyka

LE CLIP DE LA SEMAINE #7


 Cette semaine chez TADOT on va faire monter la température de quelques degrés avec le clip GioGio de Tiger Love
Nos Londoniens nous époustouflent cette année notamment avec la sortie du clip de GioGio encore trop méconnu. Formé depuis seulement un an, la maturité est belle et bien présente à la sortie de la vidéo réglée au millimètre près. Pour ne rien changer à leurs habitudes, les Tiger Love nous offrent une suite d'images plus sensuelles et absurdes les unes que les autres (voir le précédent Pussy Cocaine).
Un clip sale mais à l'esthétique tellement propre, clean,  rangée. Le public, idyllique, est composé de superbes nanas et de mecs au swag d'enfer. Tout de doré vêtus, ils cassent au final cette image avec goût lorsqu'ils se lancent avec détermination dans des rangés d'œufs. On s'amuse, on se caresse, on grimace, on se frotte comme des animaux, tout ça au ralenti : Tiger Love nous excite.
Et lorsque la chanteuse française Petite s'en mêle à la 2ème minute, on lève les bras avec elle et on se caresse. Quelle idée aussi de nous inviter à faire une omelette en body rouge quand on est accompagnée de ces asiatiques d'une grâce incroyable : on envie ses yeux noisettes alors on y retourne encore et encore. 

C'est l'occasion de découvrir également :
YOUTH CLUB
PUSSY COCAINE
et
UNDER CONTROL

Alice S.